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vendredi 23 décembre 2016

RICHIE SAMBORA interview 2014


Richie Sambora est l’ex-guitariste du groupe interplanétaire Bon Jovi qui a quand même vendu 130 millions de disques de par le monde en 30 ans. C’est donc un évènement de l’avoir au téléphone et d’échanger avec lui avant sa tournée solo européenne avec Orianthi et son passage à Paris, ville qu’il affectionne, le 26 juin. Richie s’avère être chaleureux, sympathique, humain, à l’écoute et passionné.
R'n'R : J’ai lu que quand tu as vu les Beatles à la télévision en 1964, tu as dit que c’était ce que tu voulais faire. As-tu encore ce souvenir dans ton esprit ?
RS : C’est le tout premier souvenir de ma vie. C’était en 1964 et j’avais 5 ans, je regardais l’Ed Sullivan Show diffusé aux Etats-Unis. Mes parents étaient danseurs, ils adoraient écouter de la musique à la maison. Ils m’ont autorisé à me coucher plus tard ce soir là afin que je puisse regarder les Beatles à la TV. C’était mon tout premier souvenir et à partir de ce moment j’ai réalisé ce que je voulais faire et devenir. Ecrire des chansons, faire de la musique, faire plaisir aux gens. La musique est venue comme une révélation pour moi. J’étais né pour ça, c’est devenu mon métier.
R'n'R : Y a-t-il une différence entre le toi de Bon Jovi et le toi en solo ?
RS : Oui, tu sais c'est l'instinct qui est derrière tout ça, évidemment ce qui m'arrive en ce moment, je veux dire ce qui est arrivé dans ma vie jusqu'à "Aftermath of a Lowdown", il y a quelque chose d'étrange qui est arrivé, je pensais que quand je parlais de moi-même je n'étais pas humble dans mes chansons. Et puis tu réalises que nous ne sommes qu'un microcosme dans cette humanité avec tout le monde, alors avec "Aftermath..." J'étais un genre de confessionnal et je deviens un avec le public à ce moment-là, tu es en mesure de donner ton coeur et être vulnérable et c'est peut-être l'ultime moment d'humilité que tu puisses avoir d'authenticité et sincérité en tant qu'artiste et puis tu as ce groupe, un monstrueux géant et tu dois faire avec ça et quand tu es capable d'être un artiste solo, tu peux faire preuve de plus d'intimité, je pense à la conversation que tu peux avoir avec les gens qui écoutent. Je pense que c'est une conversation en cours, j'ai été assez chanceux à l'encourager, je crois, une conversation avec les gens et les fans, je ne sais pas comment les appeler. Quelquefois tu arrives à un point où tu ne sais pas comment dire, je ne sais pas le mot ou la définition, quelque chose comme "est-ce un fan ? est-ce un ami ? Entre les deux ou les deux à la fois ?" On a une conversation ensemble et les gens sont loyaux, ils trainent avec toi, et c'est pourquoi tu le fais, c'est la vie, et c'est ce que tu fais. Et c'est ce que je fais aussi.
R'n'R : Tu as fait trois très bons albums solos. Composes-tu de manière différente que lorsque tu composais pour Bon Jovi ?
RS : Je pense que les mécanismes ne sont pas différents. Je prends une guitare acoustique ou je me mets au piano et j’écris. Mais lorsque j’écris pour moi-même, je suis l’artiste. C’est ma perception sur ce qui va se passer, c’est ma connexion quand je joue en solo. Je pense que la musique est un genre de langage universel. Tu peux jouer ta musique auprès de différentes cultures tant que tu joues avec ton âme et ton coeur. Je pense de cette façon depuis de nombreuses années maintenant.
R'n'R : J’ai eu l’opportunité d’écouter ta dernière chanson, la reprise de Willy DeVille, « Storybook Story ». Comment t’est venue l’idée de la reprendre ?
RS : Willy et moi étions bons amis. Il vivait à la Nouvelle Orléans et il m’embarquait à chaque fois dans des tas d’endroits différents et me faisait connaître des tas d’artistes talentueux, c’était de la folie. Il était énormément respecté et c'est  lui rendre hommage de reprendre cette chanson.
Il y a quelques mois, on m’a approché pour faire un concert caritatif dans le New Jersey près de chez moi. J’ai accepté et je suis donc allé dans le New Jersey la semaine dernière (fin mai) et je me suis rendu compte qu’il y a une véritable épidémie de drogue dans cet Etat qui était plutôt sobre. Des fans qui m’avaient approché 5 mois auparavant sont revenus me voir en me demandant ce qui se passait ici. Des personnes tels que des procureurs, flics, maires, des gens que je connaissais m’ont demandé ce que je comptais faire. J’ai répondu qu’il fallait se réunir autour d’une table et en discuter afin de pallier à ce problème car dans cet Etat, des dizaines de personnes meurent chaque mois d’une overdose. C’est pour cette raison que ce projet me tenait tellement à cœur et je souhaitais collecter des fonds afin d’aider des personnes en détresse pour suivre leur cure de désintoxication.
Pour en revenir à Willy de Ville, il avait un problème avec l’héroïne. Quand je jouais des morceaux à la guitare, je m’asseyais à côté de lui, on se racontait nos histoires, nos expériences et il en faisait de superbes chansons. Il me manque, c’est triste. Je jouerai Storybook Story à Paris. C'est une chanson magnifique.
Je travaille actuellement avec Orianthi, elle était la guitariste de Michaël Jackson. Elle est extraordinaire. Une belle personne. Nous avons écrit des chansons ensemble. J’ai envie de jouer la mixité homme/femme, être plus ouvert. Je vieillis et j’ai une fille. Je souhaiterais qu’elle ait la même chance que n’importe qui d’autre à travers ce monde afin qu’elle soit heureuse et faire ce qu’elle désire.
R'n'R : Considères-tu la musique comme une thérapie ?
RS : Oui bien sûr ! Je me souviens parfaitement de ma première rupture. J'ai écouté Layla de Clapton. La musique te fait ressentir que tu n’es pas seul. C’est très important pour moi. J’emmène ma fille à des festivals comme le Coachella (un festival californien permettant de voir des artistes très divers) et qu’importe les diversités musicales, tout le monde joue avec son cœur et se laisse aller à ses sentiments. C’est une alchimie, une passion et j’ai de la chance de pouvoir faire ce que j’aime. La musique t'aide à t'ouvrir.
  
R'n'R : Que peut t’apporter Orianthi dans ton groupe ?
RS : Quand tu rencontres quelqu’un, quelque chose se passe et ça ne s’explique pas. Qu’importe ce que c’est. On est sur la même longueur d’onde, ça arrive comme ça, c’est organique. Mon guitariste habituel est génial mais sa mère est tombée malade et il est allé la rejoindre à son chevet. Je devais jouer à des festivals en Australie, dans un premier temps je me disais : je peux le faire seul et puis finalement j’ai pensé à Orianthi que j’avais rencontré quelques semaines avant lors d’un concert caritatif avec Alice Cooper (avec lequel elle joue aussi). Les gens veulent voir une communication entre musiciens et le public. Eric Clapton, Jimi Hendrix, Jimmy Page, Django Reinhardt, Oscar Peterson, John Coltrane tous ces musiciens savent ou savaient le faire parfaitement. C’est pour cette raison que j’ai envie de faire de la musique. C’est un cycle. Je fais quelque chose que j’aime et je joue avec un groupe plein de talent, qui est flexible et qui peut s’adapter à tout. Tout le monde se comprend et se respecte.
R'n'R : Tu joues à Paris dans quelques jours (le 26 juin au Bataclan). Ca te fait quel effet ?
RS : Paris est une ville très spéciale pour moi. Je me suis marié à Paris. Et puis j’ai divorcé. L’été dernier ma fille Ava a eu 16 ans. J’étais fier de pouvoir lui faire visiter cette ville riche en culture. Nous avons passé un moment de rêve ensemble. Je suis fière d’elle, elle se débrouille très bien dans la vie. Je suis très impatient de venir jouer à Paris car ce sera pour moi la première fois en tant qu’artiste solo.
Richie a écrit pour sa fille le somptueux instrumental Ava’s Eyes. Ecouter Ava's Eyes
R'n'R : Lighthouse que tu viens de composer est une chanson poignante. As-tu ressenti une influence de Bruce Springsteen et est-elle une chanson spéciale à tes yeux ?
RS : Bruce est quelqu’un d’extraordinaire mais je ne me suis pas inspiré de sa musique. En fait, j’ai commencé à écrire une chanson appelée "Needles on the Shore"., c'est sur les rivages du New Jersey et la chanson est devenue très triste. Elle était très sombre parce que j'étais là face aux parents de ces enfants qui sont morts et c'est dur. Il semblait que c'était mauvais pour moi de continuer à être dans le côté sombre et j'ai voulu voir ce qu'il y a avait d'autre sur le rivage, et bien il y avait une balise, un phare, ça m'a apporté optimisme et espoir et en tant que parolier j'ai décidé de prendre cette voie. J'ai écrit "Lighthouse" dans la maison de ma mère dans le New Jersey et j'étais assis à la table et en quelques heures la chanson est née. J'ai fait venir un choeur d'enfant et c'était vraiment un beau moment, la chanson n'est paut-être pas parfaite, peut-être quelques paroles doivent être changées mais je vais la laisser comme ça mais peut-être que les paroles que j'avais en tête étaient trop sombres, plus austères. Les gens n'ont pas envie d'être sombres à ce point, ils ont besoin d'espoir alors je l'ai écrite d'une façon plus heureuse.
R'n'R : La France a toujours été un marché difficile pour Bon Jovi. Sais-tu pourquoi ?
RS : Je ne sais pas du tout
R'n'R : Jon et toi avez dit un jour que vous conquerrez la France mais apparemment ça n'a pas marché comme vous l'espériez
RS : Je ne me souviens pas de cette déclaration. Tu sais, je fais ce boulot depuis des années. D'une manière honnête je pense. Tu sais les gens considèrent la musique comme un art. Tu peux entrer dans un musée, passer devant une peinture durant 5 ans sans ressentir aucun effet et tout d’un coup, tu passes devant cette même peinture et il y a comme un déclic, quelque chose de différent se passe en toi. Ca te touche d'une manière différente. Je ne me suis jamais senti concerné, j'ai toujours essayé de faire de mon mieux et aujourd'hui  particulièrement j'essaie d'être authentique et sincère du mieux que je peux. Essaie juste d'être aussi bon que tu le peux et travaille dur et fais ce que tu peux. La musique est un mystère, d'où vient-elle ? Comment vient-elle ? C'est un mystère de la technique, de talent et de l'âme, l'esprit et la culture, c'est un mystère sans fin et un procédé d'apprentissage sans fin et je ferai ça jusqu'à ma mort.. Le procédé d'apprentisage est la partie amusante, c'est ce qui te garde vivant, mec. Je continue mon voyage, tu connais mes mentors, on en a parlé. Tu dois faire ce que tu aimes avec passion.
 
Son attachée de presse me demande si je n'ai plus d'autres questions. Je sollicite de Richie une dernière question. Il me répond en riant qu’il n’y a aucun problème.
R'n'R : Aujourd’hui es-tu un homme heureux et quelle est la chose la plus importante pour toi ?
RS : Je suis très heureux, j’ai ma fille, ma mère et je les aime. Voir un sourire sur les lèvres de ma fille ou de ma mère me comble. C’est ce qu'il y a de plus important pour moi.
 
 
C’est fini. Richie doit répondre à d’autres interviews mais avant de raccrocher il me dit que l’interview était sympa et que les questions posées étaient bonnes. Venant de la part d’un tel artiste cela fait plaisir à entendre surtout qu’en trente ans, il a du en entendre des questions.
Un dialogue enrichissant humainement avec un grand monsieur, un guitariste sous-estimé doublé d'un excellent chanteur, qui va avoir maintenant tout loisir de faire ce qu’il a envie, sur scène et en studio et qui a hâte de nous faire découvrir ce qu’il a dans le cœur. Il sera à Paris avec Orianthi le 26 juin au Bataclan. Il reste des places. N’hésitez pas. Découvrez également ses trois albums solos Stranger in This Town (1991), Undiscovered Soul (1998) et le dernier en date Aftermath of the Lowdown (2012) tous d'excellente qualité. Et bien sur vous pouvez l'écouter à loisir sur tous les albums de Bon Jovi. So long Richie. You'll see a million faces again and you'll rock them all.


http://www.rocknreviews.fr/Interview/Richie-Sambora/Interview-juin-2014.html

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