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mardi 15 novembre 2016

STEPHANE DESCHAMPS : LE PORTRAIT - extrait de lalsace.fr


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C’était encore un temps de rareté, avant les médiathèques, avant Internet. La radio, surtout à ses heures tardives, était la promesse de découvertes excitantes, de révélations majeures, partagées par des communautés d’auditeurs nocturnes. Les passeurs avaient pour noms Georges Lang, Bernard Lenoir, Francis Zégut… C’est ce dernier qui ouvrit les « cages à miel » de Stéphane Deschamps, avec « Wango Tango », la première émission française consacrée au hard rock, au début des années 1980. « J’avais 10-12 ans, je dormais avec le transistor sous l’oreiller. C’est ce qui m’a donné envie de faire de la radio. » Peu de temps après, c’est encore en écoutant RTL que le gamin de Poitiers fait une « rencontre » musicale déterminante : « Un après-midi, j’ai entendu Ecce Homo , de Serge Gainsbourg, que je ne connaissais pas. Ma mère a fait irruption dans ma chambre et m’a dit que c’était super, m’a demandé ce que c’était. Du coup, j’ai écouté jusqu’à la fin, j’ai noté le nom de l’artiste, et j’ai acheté un livre sur lui, signé d’un certain Gilles Verlant. C’est devenu mon livre de chevet ! » Gainsbourg a été le fil conducteur de ma vie » Le destin de Stéphane Deschamps est dorénavant tracé. À la place du service militaire, il fait ses classes sur une radio locale. Il s’amuse à réaliser des émissions sur Gainsbourg, pour lesquelles il contacte son biographe. « On devait être en 1990 ou 1991, Gilles démarrait à Canal + (NDLR : Verlant a travaillé successivement pour les émissions « Rapido », « Nulle part ailleurs », et a produit des documentaires sur divers artistes). On s’est liés très vite, et on ne s’est plus quittés. » Pour les émissions qu’il bricole alors, Deschamps parvient à rencontrer Gainsbourg, qui lui donne rendez-vous au printemps 1991, pour une séance d’interview. Mais entre-temps, l’homme à tête de chou casse sa pipe. « Le jour où il est mort, je me suis effondré, comme beaucoup d’autres. Mais mon rêve s’est finalement réalisé au-delà de mes espérances. Gainsbourg a été le fil conducteur de ma vie. » Son travail est tombé dans l’oreille d’un cadre de Radio France, lui aussi fan du grand Serge, qui le fait embaucher à Auxerre. « C’était une petite antenne, peut-être la plus petite de la trentaine de stations du réseau de l’époque, mais qui profitait de la réussite de l’équipe de football locale. Je jouais aussi au foot, Lionel Charbonnier, le gardien de l’époque, était un copain d’enfance de Poitiers : on m’a donc pris pour animer les multiplexes. C’était une station formatrice pour le réseau Radio France, comme l’AJA était un club formateur pour le football français. » L’animateur connaît ensuite une carrière fulgurante à Radio France. Il est envoyé à Laval, puis à Reims, revient à Auxerre comme directeur des programmes, puis directeur de la radio locale. En parallèle, il produit des séries sur la musique - des portraits de Françoise Hardy, Juliette Gréco, Eddie Barclay… Il écrit également ses premiers livres. Gilles Verlant lui a en effet proposé de travailler avec lui sur la biographie « définitive » de Gainsbourg, un pavé de près de 800 pages, sorti en 2000, qui fait toujours autorité. « Gilles m’a chargé des recherches de documents, des interviews de témoins… Pour moi, c’était complètement dingue. On a bossé cinq ans dessus, on a découvert des trésors. J’ai côtoyé la famille. Je vais encore chez Gainsbourg, je suis très lié avec le majordome qui s’occupe de sa maison. » Dans la foulée, Deschamps signe - seul - un livre sur Claude Nougaro, l’autre référence française de cet enfant du rock. « C’est encore une histoire de rencontre. Son pianiste historique, Maurice Vander, habite non loin de chez mes parents, dans le Poitou. Il m’a ouvert ses portes et ne les a jamais refermées. » Le livre se base sur les témoignages de l’entourage du chanteur, Nougaro lui-même ayant refusé d’y participer. « Quand le livre est sorti, il chantait à l’Olympia, je lui ai demandé de me le dédicacer après le concert : il m’a pris dans ses bras et m’a embrassé. Mais il n’a jamais lu le livre. Il voyait la mort arriver et ne voulait pas se retourner sur son passé. » Cette activité biographique aide Stéphane Deschamps à devenir délégué à la musique pour l’ensemble du réseau France Bleu, avant de travailler sur France Inter comme réalisateur, avec Valli, l’ex-chanteuse de Chagrin d’amour, devenue animatrice. « Je ne connaissais pas l’Alsace, mais je n’ai pas hésité une seule seconde » En 2011, on lui propose de venir à Strasbourg pour diriger l’atelier de création du Grand Est, un des quatre studios de production décentralisés de Radio France, qui travaillent principalement pour le réseau France Bleu, mais aussi pour France Info, France Inter, les radios francophones suisse, belge ou canadienne. « J’étais très bien à Paris, et je ne connaissais pas l’Alsace, mais je n’ai pas hésité une seule seconde ! » Ce qu’il faisait à ses débuts, ce qu’il faisait ensuite à ses heures perdues, est en effet devenu son activité principale. « Je travaille avec des auteurs et des techniciens pour produire des séries, essentiellement musicales. » Avec Gilles Verlant, il a réalisé à Strasbourg « Gainsbourg dans les nuages » et les trois saisons de « La scandaleuse histoire du rock », reprises par France Info pendant les vacances. Aujourd’hui, il raconte les tubes, avec Marc Toesca, l’ex-présentateur du « Top 50 », dans une émission quotidienne baptisée « Pop Story », à raison de 225 épisodes par an ! Pour les prochaines grandes vacances, Stéphane Deschamps prépare une déclinaison sur les « tubes de l’été », avant un « gros projet » pour marquer le dixième anniversaire de la mort d’Alain Bashung, en mars 2019. Parallèlement, il publiera une histoire des chansons d’amour, classées par thèmes, du premier flirt à la séparation, en passant par le fantasme, l’échangisme, l’orgasme… Il s’est aussi attelé à son premier roman, qui se passe dans le milieu de la musique, forcément. « Ça me démangeait depuis longtemps, mais il fallait que je me pose. Strasbourg est pour cela plus favorable que Paris. Je m’y sens bien. »

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