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mercredi 23 mars 2016

DIDIER BARBELIVIEN parle de Claude François


Exrait de  http://www.barbelivien.com/plus_db.php?id=3
 « Je vous en donne ma parole » entretiens inédits de Didier Barbelivien recueillis en 1998. « Je serais auteur de chansons. Bizarrement c’est ce que je me suis dit quand j’avais dix ans alors que je n’avais aucune prédisposition à l’être. En fait cette idée m’est venue parce que j’écoutais énormément la radio et que j’achetais « Salut les Copains » tous les mois. J’avais dix ans en 1964 et en ce temps là, on était forcément fasciné par toute la vague yé yé qui arrivait : Hallyday, Sheila, Sylvie Vartan, Françoise Hardy, Claude François…C’était lui mon Chouchou parce qu’il incarnait la joie de vivre. Il chantait « la ferme du bonheur » « De ville en ville » et cela avait quelque chose de magique. Quand on achetait « Salut les copains »,il y avait une sorte de vie romancée de ces gens là qui nous laissait entrevoir un monde de rêve absolu. Je me disais qu’ils ne devaient pas vivre sur la même planète que moi. J’imaginais mes idoles aller de ville en ville, vivre la nuit, avoir de grosses voitures. J’étais attiré par le côté frondeur de cette vie. Peut-être que des tas d’enfants de ces années là qui avaient mon âge et qui regardaient Claude François se dandiner à la télévision et Johnny Hallyday se rouler par terre se sont dits « moi aussi je veux être chanteur de variétés ». Et puis vers quatorze-quinze ans, cette envie les a quitté. Ils sont devenus raisonnables. Moi, j’ai continué à perdre la raison. Quand je voyais Claude François dans un magazine, je me disais « un jour je connaîtrais Claude François » je n’avais aucun doute là dessus. Je me suis toujours senti dans ce système là dès l’âge de 12 ans. Il me fallait simplement grandir le plus vite possible pour y accéder. C’était ma vraie vie. J’étais en salle d’attente de la vie quand j’étais enfant. Il faut toujours croire que la princesse t’attend sinon ce n’est pas la peine d’y aller. Autant ranger son bouquet de fleurs. Il faut avoir cette générosité, cette folie, ce nombrilisme absolu pour vouloir être là dedans, c’est à dire d’un coup d’être un clown au milieu des autres clowns. En fait si je n’avais pas lu « Salut les Copains », j’aurais sans doute fait un autre métier
 Extrait de d’une interview pour France Bleu Drôme Ardèche en 2001: « J’ai écrit deux chansons pour Claude François. Je l’adorais quand j’étais gosse. J’achetais ses disques. C’était un de mes chanteurs préférés. Cela a été un moment magique pour moi de travailler avec lui. J’ai écrit seulement deux chansons pour lui , qui ne sont pas hyper connues mais la relation que j’avais avec lui était largement plus importante que tout ce que j’ai pu lui écrire. A l’époque j’avais un peu plus de 20 ans et lui , c’était Dieu dans le métier. Il était très curieux – et c’est ça qui était formidable avec Claude François- des nouveaux auteurs, des nouveaux compositeurs. Il voulait tout entendre. Il aurait voulu avoir la primeur de toutes les chansons écrites dans Paris . Dès qu’il entendait un titre qui marchait chez d’autres chanteurs, il engueulait les auteurs compositeurs car ces derniers ne lui avaient pas proposé la chanson. Il avait entendu une chanson que j ‘avais écrite avec Gérard Stern pour Gérard Lenorman « Et moi je chante » et il m’avait engueulé ainsi pendant un quart d’heure en me disant « mais tu ne te rends pas compte, ce sont des chansons pour moi ça. C’est à moi qu’il fallait la donner celle là. C’est ma vie ». J’avais des rapports extrêmement joyeux avec cet homme là. C’était un personnage très excessif. Un homme du sud qui faisait tout un cinéma de colère mais qui en fait n’en pensait pas un mot. Cela le faisait rire . C’était un homme extrêmement attachant. Alors de son vivant, il a été énormément critiqué et réduit à l’étiquette de « chanteur à minette ». C’est ce que j’écris dans « Chanteur Français »: « Tant que t’es pas vraiment mort, t’auras pas ton hommage ». Après sa mort c’est devenu une véritable institution et c’est mérité. Je pense que c’est quelqu’un qui manque toujours à notre profession et qui apporterait encore aujourd’hui un renouveau perpétuel. » http://www.barbelivien.com/plus_db.php?id=3

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