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jeudi 7 janvier 2016

MICHEL DELPECH Quand j'étais chanteur

Sur ses débuts
Faire le métier de mon père ? Même pas en rêve ! Non pas que je le méprisais, mais reprendre l’atelier de chromage sur métaux, ce métier fatigant, épuisant, salissant, ce n’était pas mon truc. Me lever comme lui tous les matins à 5 heures pour aller au boulot, non merci ! A 9 ans, j’invitais mes copains à la maison pour leur faire le spectacle. J’installais des rideaux rouges sur le poste de télé, je m’occupais du son et de la lumière pendant que ma sœur faisait la quête pour récolter le pognon. Je rêvais d’être artiste. Pour les filles plus que pour de l’argent. Je voulais être aimé, connu et reconnu. A 17 ans, interne au lycée de Pontoise, j’ai fondé un groupe dont j’étais interprète et parolier. C’est l’un de mes pions qui m’a présenté au directeur artistique de Vogue, célèbre maison de disques à l’époque. Nougaro, Aznavour, Bécaud ou Gainsbourg étaient mes idoles. Et là, on me remarque...

Sur son nom de scène
Je n’avais aucune raison de m’appeler Rodgers ou de me chercher un sobriquet. Je ne m’inscrivais pas dans le fantasme américain qui nécessitait des pseudonymes. J’ai juste changé mon prénom. En réalité, je m’appelle Jean-Michel.

"JE SAIS L'ISSUE FATALE"

Sur ses excès
J’aimais bien boire des gin-tonic, du whisky, du cognac... J’étais à deux paquets de cigarettes par jour. Cela me paraît tellement loin aujourd’hui. Le premier rail de coke, c’était en 1979 pour terminer l’album “5 000 kilomètres”. Divorce, faillite, j’accumulais les problèmes. J’étais au trente-sixième dessous, à bout de forces, mentalement, physiquement. Cela a fini par m’entraîner vers la chute, la dépression. J’avais l’impression d’avoir fait le tour de tout, je n’avais plus envie de rien. Mal dans ma peau, je m’emmerdais. J’ai même envisagé le suicide. De 1975 à 1985, pendant dix ans, j’ai usé de la coke – beaucoup trop à mon goût – comme d’un médicament, pour tenir, éviter de tomber dans la grisaille de la normalité. Je mélangeais avec de l’herbe, du haschisch, vivant dans la crainte de la descente. Cela m’a isolé du reste du monde... Et du showbiz. A partir de 1982, j’ai vécu une véritable traversée du désert. De mon seul fait. Le public, lui, ne m’a jamais lâché. Au contraire! Les fans me suppliaient de revenir. J’ai même connu un couple d’un certain âge qui n’a jamais raté un seul de mes concerts pendant vingt ans, jusqu’à la mort de l’un d’eux. C’était très touchant. Les regrets, je n’en ai pas eu beaucoup jusque-là. Depuis que je suis malade, ça commence. Ils jaillissent, resurgissent du plus profond de moi. [Son regard se voile, ses yeux s’embuent de larmes.] J’en ai surtout en ce qui concerne mes enfants, ma femme. Je le leur ai dit en tête à tête, de vive voix, avant de partir.
Sur sa maladie
Je l’ai acceptée dès le début, c’était une façon de lutter. Il y a d’abord la révolte, le stress, la tristesse et aussi l’inquiétude qui ne m’a jamais lâché. Je sais l’issue fatale, cela ne m’empêche pas de me battre, quoi que l’on me fasse, quoi que l’on me dise.

Sur sa mort
Dieu merci, je n’en sais rien! Mais j’y pense, obligatoirement. Davantage de- puis que je suis cloué sur ce lit d’hôpital. Je vis avec elle depuis trois ans. Elle est suspendue au-dessus de ma tête. [Il pleure.] J’ai peur, très peur. Comment me surprendra-t-elle ?    Qu’y a-t-il après ? Toutes ces questions me taraudent. Je ne veux pas quitter ce monde, ma famille, mes enfants. Ils ont encore besoin de moi. J’ai encore tellement à leur apprendre ! Je n’ai pas su les aimer, je ne leur ai pas assez dit combien je les aimais. J’ai sans doute été trop égocentrique. Comme je le regrette ! Je les aime tant...
http://www.parismatch.com/Culture/Musique/Michel-Delpech-ses-dernieres-confidences-891207

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