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mercredi 13 mai 2015

TELEPHONE se raconte 1 - le tout premier concert




Le 12 novembre 1976, un certain Jimmy Carter, planteur de cacahuètes professionnel, se retrouve propulsé par les électeurs américains président des Etats-Unis. En France, rien à signaler, si ce n'est que le rock français ne va pas fort, mais personne n'en fait un fromage. A Paris, un curieux point d'exclamation s'affiche sur les murs, avec la mention "rock". Pour annoncer un petit concert de rock comme les autres ? Pas du tout. C'est avec ce concert au centre américain du boulevard Raspail que débute, un peu par hasard et par chance, l'histoire du plus grand groupe français de rock, Téléphone. 

Corine On a répété pendant dix jours, on n'avait jamais joué ensemble avant, mais Jean-Louis connaissait bien Louis, ils avaient souvent joué ensemble, Jean-Louis connaissait bien Richard, ils avaient joué ensemble dans un groupe, et moi j'avais joué un petit peu avec Louis. Et ce qui s'était passé, c'est que le groupe de Jean-Louis et Richard, ça avait merdé, mais ils avaient toujours cette salle du centre américain réservée parce que ça se réserve très longtemps à l'avance, et ils avaient une salle et plus de groupe ! Alors comme il connaissait bien Louis et qu'il savait qu'il pouvait vite se coller à quelque chose, il l'a appelé en lui disant "bon voilà, on a une salle dans dix jours pour faire un concert, et j'ai pas de groupe, alors il faut absolument qu'on le fasse, c'est trop con, c'est trop dur à avoir, maintenant qu'on l'a, on le fait", et il a dit "bon, Richard jouera de la batterie, et on n'a pas de bassiste", et Louis a dit "ouais, mais Corine elle se démerde bien, elle commence à toucher un peu, on peut essayer avec Corine". Alors à défaut d'autre chose, Jean-Louis a dit oui, et puis on est allé pendant dix jours dans la cave des parents de Richard, ils avaient une cave en-dessous de leur appart, et... On s'est retrouvés dans la cave en bas de chez Richard. Jean-Louis a commencé à proposer ses morceaux, que je connaissais déjà parce que je l'avais déjà aidé à faire des maquettes, et on avait déjà fait quelques vagues trucs sur scène. Personnellement, je me suis occupé des arrangements, comme toujours, genre "ouais ça serait bien qu'il sonne comme ça mais qu'on enlève un peu cette couleur, qu'on lui donne plutôt celle-là" et histoire de faire un show qui soit pas chiant, que ça déboule, qu'il y ait un petit moment où ça descend pour les sentiments et que ça reparte à la fin, on a décidé un peu du spectacle qu'on allait faire. Pas du tout les dégaines ni rien, parce qu'on ne connaissait pas du tout, je savais pas du tout que Jean-Louis allait être sexy et tout ça... On a répété les morceaux, j'ai dit "bon j'ai fait ci et ça, j'ai ce morceau ce morceau-ci, on pourrait faire une ou deux reprises, on n'a qu'à faire ça, faire ci", ça c'était surtout Jean-Louis et moi qui nous occupions de ça. Ben moi je me souviens comment on l'a préparé, les autres ont dû te raconter ça, toutes les affiches qu'on collait, l'énergie qu'il y avait. On n'avait pas de nom... On avait collé des affiches de notre ancien groupe qui s'appelait Semolina - avec Jean-Louis on avait un groupe - alors on les collait à l'envers et puis on mettait un point d'exclamation et puis on marquait "concert rock", on bombait de partout avec tous les potes... On avait marqué "rock, cinq balles, ça va péter" ou des trucs comme ça... On avait polycopié à l'usine où travaillait Olive, en douce comme ça, on avait un millier de copies qu'on distribuait dans les cafés le soir, alors chacun à sa manière, chacun faisait la pub qu'il pouvait... Alors moi j'aimais bien aller haranguer les mecs avec Corine, leur dire "vous seriez vraiment cons de rater ça"... Et toutes les nuits pendant dix jours, on a été draguer dans Paris quoi... Tant et si bien qu'on s'est retrouvés avec 500 personnes au centre américain, ce qui était incroyable pour un groupe qui n'existait pas, qui n'avait pas de nom et dont personne n'avait jamais entendu parler. Ca tombait au moment des élections de Carter, je crois. Et on avait fait pour qu'ils annoncent... Ah ouais on avait fait un plan super pour qu'ils annoncent à la télé, aux actualités régionales, on leur avait téléphoné, on leur avait dit "voilà, pour l'élection de Carter, il y a un grand concert de rock au centre américain", et ils avaient passé l'annonce aux actualités régionales, on était vachement content ! Ce dont je me souviens particulièrement, je m'en souviendrai longtemps, c'est quand on a fait notre petite balance, on avait une sono pourrie - les gars qui faisaient la sono, c'étaient des gens qui nous employaient pour faire des rallyes, dans le 16e on jouait des trucs des Stones ou des Who dans les soirées, et on était bien payés, on arrivait à être payés 5000 F à l'époque pour trois personnes - et on avait cette sono-là, puis on a fait notre petite balance, et puis on est allé au café à côté, comme on faisait souvent à l'époque, boire un petit remontant ou deux, peut-être fumer un petit pétard même, enfin... Puis alors voilà on est sorti du café, et je me souviens c'était la pénombre, et on sort du café, et je dis aux autres "il y avait pas... il y a un mur là dans la rue ?", alors on regarde bien, mais c'était assez loin, on voyait mal, on approche, on approche, je dis "non mais il y avait pas de mur tout à l'heure" et tout ça... Et jusqu'au moment où on s'aperçoit que c'était une queue de gens qui attendaient, mais on ne s'y attendait pas du tout nous à ce qu'il y ait... ça faisait que... effectivement un petit mur traversait le trottoir et dans la pénombre on avait du mal à voir... alors ça c'était vraiment un grand moment parce qu'on s'approchait en disant "c'est quand même pas des gens qui attendent" et tout ça... C'était bien parce que, je sais pas combien il y a de personnes, j'ai tendance à grossir avec le temps, mais il devait bien y avoir 3-400 personnes. Je crois qu'il y avait à peu près 400 ou 500 personnes, il y avait bien la moitié de gens qu'on connaissait, et l'autre moitié qui est venue parce qu'on avait fait une telle pub aussi, je vais te dire, c'était... Je vais te dire, je te raconte pas le nombre de potes qu'on a, je vais te dire, on regroupait à nous cinq, ben tu vois à nous tous là, on regroupait je sais pas combien de lycées. Et il y avait 500 mecs dont pas mal de potes, et ça a été un concert magique. D'ailleurs quand je réécoute la bande, je trouve que ça a pas du tout vieilli, et que c'est vraiment bon, c'est un des meilleurs concerts qu'on a jamais faits, je crois, c'est très très bon. C'était fort comme concert, et puis il y avait beaucoup d'amis bien sûr, et c'est ce jour-là que François est devenu manager... Alors parce que François c'était un peu le fan numéro un du groupe, et c'était le seul qui était dans les loges, et pendant le concert - bon ça je l'ai su qu'après aussi - pendant le concert il y a quelqu'un qui est venu et qui a dit "il est bien ce groupe, comment je peux les joindre" et tout, alors François disait "ben je sais pas, il faudrait demander mais ils sont sur scène là, faudrait attendre qu'ils aient fini de jouer", et en fait il a donné, c'est lui qui a donné le numéro de téléphone avec son nom... Et le gars l'a rappelé, et c'est comme ça qu'il est devenu manager, simplement comme ça, et ça a pris deux ans et demi pour qu'il admette qu'on l'appelle manager de temps en temps, enfin qu'on dise "toi t'es le manager", alors il disait toujours "non non je suis le copain" et machin..


Ce document sonore est disponible sur la page FACEBOOK du mur du son.


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