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lundi 20 avril 2015

GILLES VERLANT Interview 2011- l'histoire de toutes les chansons de Serge


Auteur de la première biographie officielle de Serge Gainsbourg, le journaliste et écrivain Gilles Verlant publie actuellement avec Loïc Picaud chez Fetjaine Gainsbourg, L'histoire de toutes ses chansons. Dans ce livre, ils décrivent l'histoire de ses textes ainsi que les anecdotes autour de ses morceaux. Interview.

Vous êtes considéré comme le biographe officiel de Serge Gainsbourg. Comment s'est passée votre rencontre avec lui ? 

Gilles Verlant : J'ai publié ma première biographie de Serge en 1985, avant de sortir une version plus conséquente de plus de 750 pages, Gainsbourg, en 2000. J'ai recueilli de nombreux témoignages dans l'entourage du chanteur. Je l'ai interviewé une centaine d'heures au total. Je l'avais déjà rencontré auparavant à plusieurs reprises avec Jane. La confiance s'était rapidement installée. Pour cet ouvrage, je me suis mis en retrait et j'ai proposé un enchaînement de témoignages. Serge a apprécié cette façon de travailler, il m'a donné son feu vert à l'époque et a signé la préface de ma biographie.



Vingt ans après sa mort, a-t-il laissé une empreinte dans la musique actuelle ? 
Gainsbourg est devenu aujourd'hui un mythe mais à l'époque ses chefs-d'oeuvre comme L'histoire de Melody Nelson, L'homme à tête de chou ne marchaient pas. Il a été redécouvert par la génération des années 80 qui a rendu Gainsbourg célèbre pour longtemps. Aujourd'hui, on peut même dire qu'il est inscrit dans l'ADN de la nouvelle génération. Avec des traces flagrantes de son influence chez certains chanteurs.



Vous pensez à qui ? A-t-il aujourd'hui des héritiers ?
Je citerais volontiers des artistes brillants comme Christophe Miossec ou Benjamin Biolay chez qui l'influence de Gainsbourg est assez évidente. Mais on pourrait aussi étendre cette influence à des artistes dont l'univers musical apparaît plus éloigné. La semaine dernière, j'ai participé à l'émission de Michel Drucker sur France 2, Gainsbourg, 20 ans déjà, de jeunes artistes comme Camélia Jordana, Nolwenn Leroy ou Elodie Frégé ont proposé des interprétations splendides de Serge, comme si elles avaient été bercées par cet univers. Pourtant, toutes les reprises de Gainsbourg n'ont pas toujours été réussies. Dans mon livre avec Loïc Picaud, on cite différentes interprétations des textes de Serge. Certaines ont été ratées car les interprètes n'ont pas saisi le sens de la chanson ou ont ajouté trop d'envolées mélo-dramatiques, ce que Serge détestait. Contrairement à Brel, Gainsbourg préférait une interprétation plus simple, dépouillée, il ne supportait pas les effets dramatiques.



Et à l'étranger ? 
L'influence de Gainsbourg est visible chez Brian Molko de Placebo mais aussi chez de nombreux artistes qui ont repris ses samples. Serge est cité fréquemment dans certains cercles rock et pop à l'étranger. Il est même de bon ton d'y faire référence à New York, Los Angeles, Londres ou Berlin dans les milieux branchés. Même Will.i.am des Black Eyed Peas, fan de Serge Gainsbourg, rêverait, dit-on, de faire une adaptation de Melody Nelson. Je me souviens encore dans les années 90 m'être rendu à Londres pour un week-end et avoir été étonné d'entendre dans plusieurs boutiques des chansons de Serge. Il n'a pas toujours bien vendu ses albums et était pourtant très apprécié par le monde de la musique.



Il n'a pas toujours connu le succès. Quel a été le déclic de sa carrière ?
Dès 1958, il était soutenu par une certaine presse, ainsi que par des producteurs comme les Carpentier ou Denise Glaser, mais ne vendait pas encore beaucoup d'albums. De 1958 à 63, il a commencé à chercher plus d'audience et à courir le cachet. Dès 1963, il va connaître le succès en écrivant des chansons pour France Gall, Petula Clark. Il est alors critiqué par la presse pour ses tubes. En 1969, il a connu un succès mondial avec Je t'aime moi non plus en duo avec Jane Birkin. Mais sur la pochette, on ne le voit pas, c'est Jane qui est mise en avant. Il faudra attendre Aux armes et caetera en 1979 pour qu'il vende enfin sous son nom. C'est aussi le moment où Gainsbourg devient Gainsbarre...



Les albums de Gainsbourg ont évolué au fil des époques et influences musicales. Gainsbourg était-il un artiste avant-gardiste ou s'est-il adapté aux modes ?
Serge était à l'aise dans tous les registres : jazz, funk, rock, reggae... En 1964, il sort Gainsbourg percussions et s'approprie la musique africaine. A 40 ans, il revendique son côté rock. Il a été le premier artiste français à partir enregistrer un album à Kingston (Jamaïque, ndlr). Bob Marley s'est fait connaître seulement un an après avec l'album Exodus. Serge Gainsbourg était avant-gardiste, c'est certain, mais juste ce qu'il fallait pour ne pas être trop en décalage avec l'air du temps.



Quels sont vos trois albums préférés de Serge Gainsbourg ? 
Il m'est trop difficile de me limiter à trois, j'en citerais quatre : Gainsbourg Confidentiel (1963) qui est pour moi un pur bijou, un album à redécouvrir enregistré avec deux musiciens de jazz, Histoire de Melody Nelson (1971) évidemment, un opus cité aujourd'hui par les artistes anglo-saxons, L'Homme à tête de chou (1976) , un album punk dans le fond, un disque destroy dans la veine "no future" et enfin Aux armes et Caetera (1979), le disque qui a ouvert les portes de son fan-club.



Interview Gilles Verlant, ''Gainsbourg, L'histoire de toutes ses chansons
http://www.mensup.fr/evasion/musique-concert/a,49222,rencontre-avec-gilles-verlant-gainsbourg-est-inscrit-dans-l-adn-de-la-nouvelle-generation.html


autre lien bonus
http://www.newwavephotos.com/gallery.php?name=GillesVerlant&num=1



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