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mardi 10 février 2015

VERONIQUE SANSON - Les années BERGER




Extrait de l'interview de Véronique SANSON dans PARIS MATCH

Paris Match. Que vous inspire la réédition d’“Amoureuse” ?
Véronique Sanson. Quarante ans d’“Amoureuse” ! Je n’arrive pas à y croire tant ma notion du temps est désastreuse. J’avais une petite voix fluettissime que je déteste maintenant. Je préfère mille fois ma voix d’aujourd’hui, où j’ai perdu mes aigus mais gagné mes graves ! Cette nouvelle version a été enregistrée en neuf jours, dix en comptant la gravure. Moi, je travaille encore à l’ancienne, avec la voix, le piano, les cordes...
Une surprise : ce duo inattendu que vous formez avec Fanny Ardant sur le titre “Amoureuse”, justement…
Fanny Ardant, c’est moi qui en ai eu l’idée. Je l’avais croisée dans un dîner. Sa voix et sa grâce m’avaient ­fascinée. Entre ma voix très timbrée et la sienne complètement détimbrée, le duo est incroyable, non ?
Les paroles d’“Amoureuse” – “Une nuit, je m’endors avec lui / Mais je sais qu’on nous l’interdit / Et je sens la fièvre qui me mord / Sans que j’aie l’ombre d’un remords” - vous avaient, en leur temps, valu les remontrances de votre père.
Mon père, issu d’une famille de banquiers néerlandais, était à la fois économiste, député du XIIIe arrondissement et avocat. C’était aussi un monsieur particulièrement à cheval sur les principes et l’éducation. Il était très à l’écoute de ce que je faisais et a commencé par trouver la mélodie très jolie. Quand il a mieux écouté les paroles, il m’a dit, un peu gêné : “Tu sais, ma chérie, tout de même, ce n’est pas bien de raconter ce genre de choses…”
Ce garçon évoqué dans la chanson, c’était Michel Berger ?
Oui. La maman de Michel et mon père s’étaient connus dans un bal où mon papa était le ­cavalier d’Annette, future Mme ­Hamburger. J’ai dû rencontrer ­Michel pour la première fois à 4 ans, lors d’un ­goûter d’enfants. A 16 ans, il m’a servi de répétiteur en philo lorsque je préparais mon bac. Je n’y comprenais rien, lui était passionné par cette matière. Ma note à ­l’examen a été déplorable. Heureusement, j’ai été sauvée par la géographie et les ­langues, car j’étais ­trilingue depuis l’âge de 6 ans.


“Musicalement, Michel Berger et et moi étions des jumeaux”

On célèbre ce mois-ci le vingtième anniversaire de sa mort. Votre ressemblance, sur le plan musical, est extrêmement troublante…
Michel et moi étions des jumeaux qui faisaient exactement la même chose. On arrivait chaque jour avec une chanson nouvelle ; et ce qu’il y avait de plus extraordinaire, entre nous, c’était le phrasé. Michel refusait l’américanisme. Il tenait absolument à ce que nous chantions en français, avec nos univers. On dit toujours de lui qu’il était extrêmement dur, et cela m’ennuie. Il était dur pour le phrasé et il avait bien raison ! Il a été un ­humaniste et un visionnaire extraordinaire. On s’attendait au tournant. On s’aimait autant qu’on s’admirait.
Pour vous, la notion de famille semble essentielle. Vous évoquez souvent vos parents.
On s’adorait à la maison. Notre éducation a été basée sur l’amour. Mes parents ont toujours été très épris l’un de l’autre et, jusqu’à leur mort en 2006, ils se parlaient en se tenant la main tellement ils s’aimaient. Contrairement à mon père, maman était d’origine très modeste. Son père travaillait à La Poste. Mais elle s’était débrouillée pour obtenir une bourse, grâce à laquelle elle a pu elle aussi devenir avocate. Ils s’étaient rencontrés pendant la guerre, dans le réseau de résistance du musée de l’Homme. Papa faisait du renseignement ; elle, du sabotage. Ils se sont mariés en 1945. Violaine est née en 1947 ; moi, en 1949.
Votre relation avec Violaine, dont vous avez tellement souhaité la présence sur les photos, semble fusionnelle.
J’adore ma sœur, qui m’adore. Si je ne l’avais pas, elle, je n’aurais personne. S’il devait lui arriver quelque chose, je me suiciderais. “Vio” est ma grande sœur, même si j’ai parfois l’impression qu’elle est ma petite sœur. Quand je suis née, mon père a d’abord refusé de me voir parce que j’étais une fille, il rêvait d’un garçon. Lorsque j’ai eu 4 ans, maman a dit à Violaine : “Il faut que tu protèges ta petite sœur”, et elle continue à le faire aujourd’hui. Moi, j’irais au feu pour elle.
Adolescentes, vous étiez déjà très complices…
Nous partagions la même chambre. A 12 ans, je lui attrapais les pieds la nuit en lui murmurant : “J’ai peur.” Elle me répondait : “Viens dormir avec moi.” Jusqu’à 21 ans, l’âge de la majorité en ce temps-là, nous n’avions que la permission de minuit. Mais il m’arrivait plus d’une fois de découcher pour rejoindre Michel ­Berger avant de revenir sur la pointe des pieds à 5 heures du matin, “couverte” par maman et Violaine pour que mon père ne se rende compte de rien ! ­Violaine est une fille épatante, douée pour un tas de choses. Elle dirige une agence de communication, mais elle chante et danse merveilleusement bien.


http://www.parismatch.com/People/Musique/Veronique-Sanson-Christian-est-mon-bel-ange-gardien-157831



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