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mardi 27 janvier 2015

JEAN CLAUDE VANNIER ET SERGE GAINSBOURG l'enfant assassin des mouches

C’est l’histoire de Cole et Porter chez les coléoptères. L’Enfant assassin des mouches, grandiose disque instrumental signé Jean-Claude Vannier, qui inspira à Gainsbourg quelques strophes qui font mouche, sort enfin de l’oubli. En 1972, lorsqu’il est enregistré, Vannier n’a pas encore 30 ans, Gainsbourg le toise de quinze bonnes années, leur collaboration remonte à seulement […]
C’est l’histoire de Cole et Porter chez les coléoptères. L’Enfant assassin des mouches, grandiose disque instrumental signé Jean-Claude Vannier, qui inspira à Gainsbourg quelques strophes qui font mouche, sort enfin de l’oubli. En 1972, lorsqu’il est enregistré, Vannier n’a pas encore 30 ans, Gainsbourg le toise de quinze bonnes années, leur collaboration remonte à seulement quatre ans et touche alors à sa fin, mais les quelques heures de musique qu’ils ont conçues en parfaite symbiose permettront d’alimenter plusieurs générations de défricheurs sonores. Les mélodies de Gainsbourg, transportées par les arrangements foudroyants de Vannier, atteindront leur apogée après quelques tours de chauffe avec Histoire de Melody Nelson.

L’Enfant assassin des mouches date donc de 1972 mais n’était pour ainsi dire jamais sorti. Jean-Claude Vannier enregistra à l’époque cet album avec un vaste orchestre et une pléiade de chœurs, grâce à l’apport financier d’un producteur philanthrope. Une fois les bandes achevées, Vannier les fit écouter à Gainsbourg qui, aussitôt, saisi d’une illumination, lui demanda de revenir le lendemain : “Laisse-moi passer la nuit dessus’” Lorsque Vannier revint rue de Verneuil, Gainsbourg avait écrit un court récit autour de chacun des morceaux, formant une sorte de miniconte fantastique destiné à être imprimé dans le livret, comme un argument de ballet. Le producteur-mécène de ce disque ayant fait faillite entre-temps, l’album ne fut pressé qu’à quelques exemplaires avant de devenir l’un des objets de culte les plus courus des amateurs d’ovnis vinyliques.

En le découvrant aujourd’hui, on comprend mieux pourquoi ce disque résolument hors-piste a tellement fasciné Gainsbourg sur le moment, puis une cohorte d’adorateurs par la suite. Il évoque comme une sorte de carambolage spatial entre la gravité sourde de Melody Nelson et les musiques légères ou expressionnistes composées pour grand écran. Sans souci d’une trame narrative, Vannier donne libre champ à sa démesure en invitant à ces noces barbares des guitares psyché, une grande chorale fantomatique, des cuivres aux souffles dissonants, une jungle sauvage de pizzicatos, des myriades de percussions, de cloches, de clavecins, de bruits concrets et, même, l’accordéon de Marcel Azzola ! Enfin sorti de sa caverne, le mythe de L’Enfant assassin des mouches pourrait, dans les prochains mois, naître une troisième fois à travers une chorégraphie (à l’état de projet). Autant dire qu’on s’y précipitera, l’heure venue, comme les mouches et les enfants sur de la confiture de rose.

http://www.lesinrocks.com/musique/critique-album/lenfant-assassin-des-mouches/

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