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lundi 8 mars 2010

DJ avec un Z comme ZEBRA


"David Guetta "...à côté, c'est un playmobil dans un évier" * (*cf le film Podium)




Interview de DJ Zebra : “Je suis devenu DJ par hasard”
Publié le 27 octobre 2009 par Kub3


Bootleg, mash-up, bastard pop… peu importe le terme utilisé, un nom en France lui est souvent associé : DJ Zebra. Ancien bassiste de Billy Ze Kick, le zèbre est passé maître dans l’art du mash-up, consistant à extraire la partie chantée d’un titre pour la superposer à la partie instrumentale d’un autre (pour plus d’infos sur le mash-up, voir notre article).

DJ Zebra, Antoine Minne de son vrai nom, était de passage à Lille afin de présenter son nouveau groupe : Zebra, Hogg and Horns. L’occasion de revenir avec lui sur sa carrière et d’en savoir plus sur son avenir en tant que DJ.

“Olivier : Une question toute bête : d’où vient ton nom, DJ Zebra ?

DJ Zebra : Ça vient du zèbre. C’était mon animal totem quand j’étais au lycée à Saint Quentin, en Picardie. Tu vois c’était pas loin. J’ai fait les Beaux Arts à Cambrai, donc je connais bien la région. Et donc ma prof de philo m’appelait le zèbre, puis ça s’est transformé en Zebra quand je suis devenu animateur radio sur Cambrésis FM. Puis quand j’ai rejoint Billy Ze Kick et les les Gamins en Folie en 93, ils m’ont appelé Zebra. Tout simplement.

Olivier : Et c’est après que DJ est venu s’accoler en fait ?

DJ Zebra : Oui. Quand j’ai déménagé à Rennes en 91 les Trans Musicales m’ont programmé en tant que DJ Zebra, et c’est là que j’ai rajouté DJ devant. Maintenant c’est une particule dont j’essaye de me débarrasser.
“Je suis devenu DJ par hasard”


Olivier : Alors tu dis que tu es devenu DJ par hasard : comment tu en es arrivé à faire du bootleg, si c’était la guitare et le rock qui t’intéressaient en premier lieu ? Qu’est-ce qui t’a conduit vers le bootleg ?

DJ Zebra : L’envie de tout mélanger. Quand j’étais à Rennes dans les années 90 je passais tous les styles de musique et je cherchais tout le temps des chansons qui dépassent les frontières entre les genres. Et quand j’ai entendu les bootlegs anglais à la fin des années 90 je me suis mis à travailler à base de samples. A l’origine je les bossais plutôt comme DJ Shadow ou Fatboy Slim, avec plein de bouts assemblés de samples rythmiques. Mais les bootlegs c’est bien plus que ça : c’est carrément recomposer un instrumental, mettre un a cappella et puis mélanger des univers complètement différents. Et je trouvais que c’était en même temps drôle, parce qu’il y a une fonction un peu comique parfois dans le bootleg, un peu gonflé parce qu’on détourne des chansons cultes, et puis très rock parce que c’est de la chanson, ça se chante autant que ça se danse.
“Certains considèrent le bootleg comme un vrai mouvement musical”

Olivier : Justement, il n’y a jamais un groupe qui t’a fait la gueule pour avoir mixé une de leurs chansons ?

DJ Zebra : Non, c’est plutôt les fans d’un groupe qui me font la gueule. Je sais qu’il y a cinq ans, quand j’ai commencé à mettre des bootlegs dans les grosses soirées rock à Paris, je me suis fait siffler. J’avais fait Shaggy et Rage Against the Machine, c’était un de mes premiers bootlegs. Et pourtant je pensais que les gens étaient habitués grâce aux 2 Many DJs. Mais en fait non, parce que les 2 Many DJs ont ouvert le rock aux clubbers. Grâce à eux on pouvait dès fois entendre du rock dans des discothèques. Mais les gens qui vont aux concerts de rock et qui parfois sont dans les soirées dites “rock”, c’est pas du tout le public de club. Il avait pas encore assimilé le côté 2 Many DJs. Mais les groupes eux-mêmes ont plutôt eu l’esprit ouvert. Il se sont dit “c’est une forme de mix aventureux”. Il y en a peut-être un ou deux qui m’ont dit “j’aime pas trop ce que tu fais” mais jamais…

Olivier : … qui par exemple ?

DJ Zebra : A ça je le dirai pas [rires]. Beaucoup des artistes que j’ai remixés sont venus en live avec moi, comme Cali, Mathias, Louise Attaque, Anis, Oxmo Puccino… et ceux qui m’ont fait la gueule tant pis pour eux. Après je peux comprendre qu’on puisse trouver le bootleg inintéressant. C’est juste un amusement. Moi je compare ça au graffiti par rapport à la peinture. Pour les peintres le graff c’était de l’amusement sur des trains. Et puis petit à petit le graffiti s’est retrouvé vraiment considéré comme un art pictural à part entière. Et je trouve que pour le bootleg on en est là en ce moment. Certains le considèrent comme un vrai mouvement musical.


Olivier : Une autre différence aussi entre la manière avec laquelle tu te produis sur scène et ce qu’on peut voir par ailleurs avec d’autres DJs, c’est que t’as quand même une réputation de performer sur scène, tu bouges beaucoup. Est-ce que tu penses que les shows de certains DJs sont trop froids, justement parce qu’ils sont un peu statiques ?

DJ Zebra : Ça dépend. Moi quand je suis dans une cabine DJ dans une boîte, ce qui m’arrive très très rarement, je bouge pas. J’ai pas besoin de bouger ça sert à rien. Les gens sont là pour draguer et boire des coups. Et dans le milieu du clubbing ça se passe comme ça : le DJ est tellement habitué à être dans cette situation qu’il va pas en faire des caisses. Par contre c’est vrai que du coup quand on les met sur un scène il faut habiller. Alors on met des lumières, on met des stroboscopes, on met un décor… si tu prends un mec comme Vitalic, c’est pas un performer. Il axe sur tout sur l’ambiance et les lumières.

Olivier : Qu’est-ce que tu penses d’autres DJs qui eux aussi font du mash-up, mais un peu à la chaîne avec 20-30 chansons différentes dans un même titre, comme Girl Talk par exemple ?

DJ Zebra : Pour moi Girl Talk ça se rapproche plus du Méga Mix, comme ça se faisait dans les années 80, c’est à dire une suite de titres comme ça, en chaîne. Le vrai mash-up à mon avis c’est vraiment la superposition de deux univers. Les meilleurs mash-ups c’est A + B. Après on peut s’amuser à mettre des petits bouts. Mais moi ce que j’aime bien aussi dans le bootleg c’est qu’on peut, quand on est musicien et producteur, y mettre des instruments à soi. Moi ça m’arrive souvent de mettre des basses ou des guitares dans mes bootlegs. Et puis on peut se dire finalement “je joue avec ce groupe” tu vois. Par exemple : je suis fan de Prince, et quand je mets de la guitare sur un bootleg de Prince c’est genre “whaaa j’ai joué de la guitare avec Prince” [rires]. Le bootleg, c’est ça : on peut tout se permettre.





DJ ZEBRA
En bref

Entre 1993 et 1994 il est bassiste du groupe Billy Ze Kick et les Gamins en Folie qui connait le succès avec leur titre Mangez-moi.

Il devient ensuite chanteur-guitariste des Raggamins (section ragga des Gamins en Folie) et Demain les Poulpes (funk) entre 1993 et 1998, et anime l'émission « Le Joli Matin » sur la radio rennaise Canal B.

Il devient DJ Zebra dès 1997, lorsqu'il est programmé aux Transmusicales de Rennes. D'abord connu pour ses mixs latino, il fut ensuite DJ résident aux soirées rock « Dans mon garage » au Pulp (Paris) de 2002 à 2004.

En 2003, il devient animateur sur Ouï FM avec l'émission « Mix on the Rocks » puis lance son « Zebramix » en septembre 2004. Son émission (un mix spécialisé en bootlegs majoritairement rock) devient un des programmes phares des radios musicales françaises, diffusée tous les soirs à 20 heures, et atteignant les 4 millions de podcasts téléchargés en 2007.

Il y a produit et animé le « Zebramix » sur Virgin Radio jusqu'en juillet 2009.

Depuis septembre 2009, il anime une nouvelle émission rock n'soul sur Le Mouv' (rediffusée dans les nuits de lundi et mercredi, de minuit à 2h).


Zebra est surtout un DJ du milieu rock, jouant depuis 2003 dans les salles de concert et festivals.

En juillet 2006, Cali et Mathias Malzieu le rejoignent sur scène au festival Solidays : c'est le début des « bootlegs live ». Zebra devient le premier bootlegger à interpréter en concert ses créations avec les artistes originaux: Dionysos, Anis, La Phaze, Leeroy, etc. Le concept s'étend avec Louise Attaque, qui l'invitent aux Francofolies de La Rochelle puis sur 4 autres dates de leur tournée (dont Bercy). La même année, il apparaît dans l’émission « Taratata » avec Cali, qui chante ses chansons sur des instrumentaux de U2 et des White Stripes. Ce duo fera date, et Cali deviendra un partenaire régulier sur scène.

En 2007, les Francofolies de La Rochelle lui offrent la grande scène (les « Zebrafolies ») : c'est la première fois qu'un DJ, indépendant sans album, accède à ce niveau dans un festival de chansons

En 2009, Zebra a tourné toute l'année avec ses 3 platines, sa guitare et son micro. Parallèlement, il a composé des chansons originales avec Tom Hogg et Stéphane Montigny (Dionysos), et monté son groupe franco-anglais Zebra, Hogg & Horns. En septembre, il a rejoint la radio Le Mouv' pour animer une nouvelle émission « Zebra Rock n' Soul » le vendredi soir, qui présente toute la palette musicale de Zebra bien au-delà du « bootleg » : rock, funk, soul, électro, raretés et exclusivités.

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